This is a man’s world… hmmm… vraiment ?
Posté le 08/03/12
Workplace Salaries: At Last, Women on Top
Article de Belinda Luscombe, daté du mercredi 1er septembre 2010, lu dans le Time Business
Traduction française libre par Caroline Hardy… c’est à dire avec quelques fantaisies !! Je me suis permise quelques digressions pour rendre ça un peu plus vivant, parce que sinon, qu’est que ça peut être rébarbatif un article factuel de journal ! Pour ceux qui préfèrent quand même, voici le lien de l’article original en langue originale
Bien que la cause féminisme ne soit pas vraiment ma tasse de thé (j’essaierai d’expliquer dans un autre post pourquoi), je fais une petite exception pour la journée de la femme. Et j’ajoute une chanson pour accompagner l’article. Bonne lecture !
Le fait que la moyenne des travailleuses américaines ne gagne qu’environ 80% de la moyenne des hommes américains était quelque chose d’horrible pour au moins la moitié de la population. Et ceci depuis plusieurs générations. Et malgré les actions, les coups de gueule, les programmes, les analyses, les badges et même quelques mots sérieux dans un texte de lois, la situation a peu évoluée durant les 5 dernières années.
Mais il semblerait que le vent soit enfin en train de tourner. D’après une enquête faite auprès de 2000 communautés dans 147 des 150 villes les plus grandes des États-Unis, la médiane des salaires des jeunes femmes travaillant à temps complet est 8% plus élevée que celle de leurs homologues masculins. Dans deux villes, Atlanta et Menphis, ces femmes gagnent même environ 20% de plus. Et +17%, + 12% et +15% respectivement pour New York City, Los Angeles et San Diego. Idem dans des villes plus petites : 14% pour la région Raleigh-Durham ou Charlotte en Caroline du Nord.
Mais cette inversion de l’écart de salaire entre les genres comme elle a pu être observée, ne s’applique que pour les femmes non mariées, sans enfants, ayant moins de 30 ans et qui vivent en ville. Le reste des femmes qui travaillent – même celles qui ont le même âge mais qui sont mariés et qui ne vivent pas dans une région majoritairement urbaine – sont encore du mauvais coté de la médiane.
Ces chiffres viennent de James Chung de Reach Advisors, qui a passé plus d’une année à analyser les données du Census Bureau’s American Community Survey. Il attribue ce retournement de situation dans la répartition des gains presque exclusivement à un seul facteur : l’éducation. Pour deux hommes qui repartent avec un diplôme universitaire en poche, trois femmes en font autant. C’est pratiquement le ratio exact opposé qui existait au moment de l’entrée à l’université des baby-boomers. L’étude montre que le lien entre diplôme universitaire et salaire, que ce soit à l’échelle d’une carrière mais également pour l’accès à un premier poste. « Les femmes n’ont pas seulement rattrapé les hommes » dit Chung. « Dans beaucoup de villes, elles leur “mettent une raclée”. » [j’ai dit que c’était une traduction libre !]
Chung explique aussi que toutes les villes ne se valent pas. Après avoir monté une base de données sur 2000 communautés et recoupé les informations démographiques avec les chiffres de l’écart salarial, il a trouvé que les villes où les femmes gagnaient plus que les hommes avaient au moins une de ces 3 caractéristiques. Certaines, comme New-York ou Los Angeles, ont eu une économie principalement basées sur ce qu’on appelle l’économie du savoir [c’est une quatrième phase de l’économie qui n’existait pas encore quand on était à l’école -> merci wiki !]. D’autres étaient des villes industrielles dont l’industrie a coulé, particulièrement les plus petites comme Erié (Pennsylvanie), ou Terre Haute (Indiana). D’autres encore, comme Miami ou Monroe (Louisiane), avaient une majorité de population minoritaire. (Les femmes latinos ou noires ont deux fois plus de chance d’obtenir un diplôme universitaire que leurs partenaires masculins.)
Les villes qui font obstacle à cette tendance – celles où les salaires des jeunes femmes diplômées est toujours en décalage par rapport à ceux des hommes – ont tendance à être construites autour d’industries qui sont massivement dominées par les hommes, comme le développement de logiciel, ou l’armement et le matériel militaire.
Malgré tout, ces conditions qui nourrissent de façon significative la hausse des salaires des femmes – c’est à dire donc le développement d’une économie basée sur la connaissance, le déclin du milieu industriel et un accroissance des groupes minoritaires – sont des tendances répandues partout à travers les Etats-Unis. « Cette génération [de femmes] s’est adaptée à la restructuration fondamentale de l’économie américaine mieux que leurs ainées ou leurs partenaires masculins », dit Chung.
Et pour relativiser par rapport au résultat peut être décevant des conclusions de l’enquête qui disent que ces observations ne valent que pour les femmes célibataires et sans enfants : ce n’est pas à cause de leur statut marital. C’est plutôt le fait qu’une femme diplômée a tendance à se marier et à avoir des enfants plus tard. C’est pourquoi les femmes qui gagnent le plus entre 20 et 30 ans sont en général célibataires et sans enfants.
Cet accroissement du pouvoir économique des femmes n’est en aucun cas limité aux Etats-Unis, ni même aux plus jeunes. D’après le Bureau of Labor Statistics, les femmes constituaient, pour la première fois fin 2009, la majorité des personnes occupant un poste de direction à rémunération élevée. Ce changement dans le status quo a été suffisamment marqué pour que plusieurs habituels défenseurs des droits de la femme commencent à élever la voix pour que davantage d’hommes aillent à l’université. La loi sur la parité servira t-elle finalement également la cause des hommes ?
