Comment répondre à la question : « et toi, tu fais quoi (dans la vie) ? »

Epuisante la question « tu fais quoi ? » sous-entendu dans ou de ta vie, n’est-ce pas ? C’est ce qu’on se disait avec une amie le week-end dernier à Paris. Elle essaye de rencontrer des nouvelles personnes mais à chaque fois, elle finit agacée à devoir répondre à cette question, et ça finit par l’emporter sur la rencontre en elle-même. Cette question, c’est à la fois l’angoisse et la lassitude de se répéter indéfiniment.

Or, non seulement on ne peut pas éviter cette question mais en plus, il ne faut pas négliger l’importance de votre réponse parce qu’elle pose le cadre de votre histoire, d’une version de vous-même.

Quand j’étais à Munich, j’ai eu ce problème. Je travaillais pour un opéra. Mais pas vraiment. C’était seulement par intermittence, et pas à temps complet. Je travaillais aussi dans un restaurant deux soirs par semaine, et j’étais aussi professeur de français dans une école privée. Mais je trouvais qu’aucun de ses postes ne disait vraiment qui j’étais, alors la question « et toi, qu’est-ce que tu fais ? » est vite devenue angoissante ! Je ne savais pas trop quoi leur dire. J’étais aussi là où j’étais parce que le Boyfriend avait un poste à Munich – sinon, qui sait – peut être que j’aurais été ailleurs.

Les gens me demandaient parce que j’avais des horaires peu classiques. Je pouvais être libre des après-midis en semaine mais pas les soirs, ni les week-ends et c’était totalement imprévisible d’une semaine sur l’autre. Après avoir essayé beaucoup de réponses maladroites, j’ai fini par adopter celle-ci : « j’apprends l’allemand ».

C’était une bonne réponse. C’était vrai, bien sur que j’apprenais l’allemand mais il y a beaucoup de vraies réponses à ce genre de question, mais toutes les réponses véridiques ne sont pas des réponses réelles ou percutantes. C’était une bonne réponse parce qu’elle me permettait de me rappeler qu’apprendre l’allemand était le sacré challenge du moment pour moi mais que c’était également une parfaite opportunité de perfectionner une 3ème langue dans un temps relativement limité.

C’était une bonne réponse également parce qu’elle me définissait bien et était facile à retenir pour les gens. A mon retour en France, personne ne savait vraiment ce que j’avais fait à Munich mais j’étais celle qui vit en Allemagne ; et en Allemagne, j’étais la française qui apprenait l’allemand. Cliché certes mais donc simple à retenir.

Bien sûr, vous pouvez aussi changer votre réponse quand vous sentez que la réponse ne vous définit plus ou que vous voulez changer les sujets de conversation qui en découleront. Pour mon dernier hiver à Munich, ma réponse s’était transformée en «j’apprends à faire du snowboard ». Je trouvais que cette réponse définissait bien ce que je faisais et la façon dont j’organisais mon emploi du temps. J’acceptais de travailler le samedi mais quoiqu’il puisse arriver, je ne travaillais pas le lundi. Parce qu’il y a moins de monde sur les pistes et que je pouvais prendre le bus qui allait à ma station favorite en Autriche.

Quand je disais aux gens que j’apprenais à faire du snowboard, ils étaient contents. Et peut être aussi un peu inquiets pour moi. Parce que je n’allais pas gagner ma vie en faisant du snowboard. Mais la meilleure réponse à la question « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » est « Voilà ce que j’aime apprendre en ce moment».

Si je répondais d’une façon qui se focalisent sur mes inquiétudes à ne pas trop savoir quoi faire de ma vie ou quelle carrière choisir, ou même sur ce que je faisais à Munich, ça compliquait le travail de l’autre personne qui ne savait alors que répondre et comment rebondir pour enchainer la conversation. Mais si je répondais avec enthousiasme, alors les gens ont beaucoup de choses à dire que ce soit sur les stations à recommander, ou bien savoir si l’allemand est une langue difficile à apprendre ou non, les méthodes pour apprendre, etc… Tout de suite, il y a beaucoup à dire et la conversation coule de source (enfin presque – parce que c’est quand même en allemand…).

Ce que je veux dire, c’est que tout le monde a des difficultés à répondre à cette question à certains moments dans sa vie.

Voici donc quelques étapes pour vous aidez à répondre à cette fameuse question
« qu’est-ce que vous faites dans la vie ? »

1) Comprenez la question et détendez vous

Supposez qu’il n’y a pas de motifs maléfiques cachés à la question. Aucun piège ! Supposez que la personne veut simplement en savoir plus à propos de vous. Bien sur, seules les personnes qui ont elles-mêmes une bonne réponse à la question posent cette question aux autres, mais c’est quand même une question raisonnable.

2) Concentrez-vous sur ce qui fait votre différence

Le problème quand on cherche à connaître quelqu’un, c’est que si on demande «qu’est-ce qui est important pour vous ? », vous n’allez rien apprendre. Parce que 90% des gens vont répondre des trucs du genre la famille, les amis, apprendre des choses nouvelles, être quelqu’un de bien ou autres banalités dans ce genre.

Or, on apprend à connaître quelqu’un en demandant à quoi il passe son temps. Parce que, bien que nous ayons des objectifs semblables (les résolutions du Nouvel An sont les mêmes pour 80% des gens), on essaye tous de les atteindre par des moyens différents.

Donc la question « qu’est-ce que vous faites ? » est en fait une tentative pour découvrir ce qui vous rend différent. Ce qui signifie que tout le monde a une réponse.

3) Ne vous focalisez pas sur votre job

Ce n’est pas un entretien – l’Autre essaye de mieux vous connaître et de sympathiser. Donc la section emploi de votre curriculum n’est pas obligatoirement la seule et unique réponse. Certaines personnes ont un emploi qui les définit. Et d’autres non. Une fois que vous avez réalisé ça, vous pouvez trouver la meilleure réponse qui convient pour vous.

4) Concentrez vous ce sur quoi vous passez votre temps et dépensez votre énergie

Si vous travaillez à Starbucks parce que c’est le meilleur moyen qui vous permette de vous entrainer au marathon, vous pouvez dire que vous vous entrainez pour courir un marathon. Le frère du Boyfriend faisait la plonge dans un restaurant en Australie pour apprendre à surfer, il répondait à la question en disant qu’il apprenait à surfer. C’est intéressant et ça engendre immédiatement une bonne conversation. Et vous montrez ainsi que vous êtes quelqu’un qui vaille la peine d’être connue, que vous vous posez des challenges élevés et que vous travaillez dur pour les atteindre.

5) Insistez sur ce que vous apprenez

Une carrière n’est pas seulement un moyen pour gagner plus mais pour apprendre plus. Donc si vous dites à quelqu’un ce que vous apprenez en ce moment, ils ne vont pas faire plus attention que ça à votre job. Certaines personnes apprennent beaucoup à leur taf ; d’autres apprennent en dehors. Où vous apprenez n’est pas aussi important que ce que vous apprenez. Et si vous n’apprenez rien ou ne faites rien de spécial, demandez vous pourquoi. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez pendant votre temps libre. Faites que ça est de l’importance.

6) Ne soyez pas sur la défensive

Rappelez-vous que les gens demandent aussi pour être sympa. Ils essayent d’établir une connexion pour pouvoir parler de choses qui vous intéressent l’un et l’autre. C’est donc aussi dans votre intérêt. Essayez d’aider et d’être ouvert et non pas sur la défensive.

On a reçu un couchsurfeur de Belgique une fois. Et quand je lui ai demandé ce qu’il faisait, il m’a répondu de façon très agressive : « why should I be doing something at the first place anyway? » et sans rien ajouter d’autre. Ça a jeté un froid alors qu’en fait je voulais juste savoir ce qui l’amenait de beau à Munich.

7) Posez la question à l’autre personne

Parfois, on est tellement stressé par la réponse à donner à la question qu’on oublie en fait de faire la conversation. Demandez à l’autre ce qu’il ou elle fait. Puis trouvez des points communs. Que ce soit au taf, à une soirée ou qu’on soit coincé avec une personne avec laquelle on n’a pas du tout envie de parler, être intéressé à la fois par soi même et par l’Autre est la moindre des choses qu’on puisse faire.

Je ne veux pas manquer le prochain article qui m'aidera à me lancer en freelance, me construire une activité qui me passionne et à avoir une vie pas banale ! Merci de promettre de ne pas me spammer :)

Déjà 2 commentaires Ajoutez le votre

  1. Karsatag

    Hello !
    C’est en cherchant quel titre donner à un article qui présente genre ce que je fais dans la vie que je découvre le tien d’article :)
    Après l’avoir lu, à la question fatale Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? je répond J’apprend la bienveillance.
    Et maintenant, je me demande bien Dans la pratique, quelle serait la question que tu poserai pour dire autrement ?
    Merci :)

  2. Anonyme

    Beau commentaire mais faut-il pas voir la vie d’une autre façon comme nous la voyons aujourd’hui car il y a beaucoup de belle choses mais quand ses choses la sont enlevé il y a parfois plus d’espoir en quoi que ce soit .

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